Chroniques du misanthrope

"Tout homme qui à 40 ans n'est pas misanthrope n'a jamais aimé les hommes" (Chamfort)

lundi 2 avril 2012

56 ans et des poussières

succubeLorsque le personnage de Daniel Pennac atteint 56 ans, celui-ci écrit ceci dans son "Journal d'un corps" :

« A 20 ans, m'étirer c'était m'envoler. ce matin, j'ai cru me crucifier en m'étirant. Nécessité de me dérouiller. La prédiction de ce prof de gym (..) qui, en seconde, nous affirmait que nous serions rouillés avant l'âge si nous ne faisions pas d'exercices quotidiens... Peut-être. En attendant, quand je vois dans quel état sont mes amis sportifs qui m'étourdissaient de leurs performances (...), j'estime que j'ai bien fait de résister à la religion du record et au diktat de l'entraînement permanent, cet onanisme. J'ai toujours détesté le sport comme religion du corps. »

Puis, à 56 ans 9 mois et 27 jours, l'auteur ajoute ceci :

« Blague entendue tout à l'heure, au bar où je prenais un café, racontée par mon voisin de comptoir, qui lui n'en était pas à son premier pastis : Pas de femmes, dit le médecin à son patient. Pas de femmes, pas de café, pas de tabac, pas d'alcool. Et avec ça, je vivrais plus vieux ? Je n'en sais rien, dit le médecin, mais le temps vous paraîtra plus long. »

Pour ma part, ce matin, pour mes 56 ans et 9 jours, un succube est venu me visiter. Un succube constitué de deux personnes de mon passé, fondues toutes les deux en un seul personnage ; l'une étant une ancienne secrétaire que je croisais régulièrement sur mon chemin d'alors, mais sur laquelle je n'avais pas particulièrement flashé mais que je trouvais simplement avenante, et l'autre, une ancienne amante. Toutes les deux constituant une seule et même femme en un visage recalculé, avec ce nez un peu trop long, loin de ces nez en trompette que la chirurgie esthétique produit à la chaîne et qui transforme toutes ces actrices ou similis-actrices (Nicole Kidman et consorts) en vilaines petites cochonnes vieillissantes. Je n'avais jusqu'à ce jour jamais fait de rapprochement entre ces deux filles, d'autant qu'elles apparurent dans ma vie, chacune, à deux moments fort différents et ne se sont jamais croisées. 56 ans et des poussières, et mon inconscient reconstitue un visage à partir de deux souvenirs, visage qui m'aspire au petit matin et trouble mon réveil. Visiblement, chez moi le passé ne veut pas passer, trop d'éléments mal ingérés...

 

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lundi 19 mars 2012

Interdit aux mineurs

interdit-aux-mineurs-c1075concours-visuel-liste1w370h370C'est en posant mon regard sur une vieille affiche de cinéma où la sanction "Interdit aux mineurs" apparaissait, que je me suis souvenu que, vers l'âge de 8/10 ans, j'avais été fort étonné et un brin scandalisé de voir dans la vitrine du marchand de journaux (c'est ainsi qu'on le nommait) un livre exposé et emprisonné par un bandeau avec l'inscription en lettres grasses "Interdit aux mineurs" laquelle masquait le titre.
J'étais en même temps troublé: "Pourquoi ce livre-là était-il interdit aux mineurs ?" Dans mon village d'alors, Sainte-Marie-aux-Chênes, il y avait une multitude de mineurs ! On interdisait ce livre à cette multitude, autant dire à presque tout le monde dans le village ! En effet, rien que dans l'impasse où je vivais avec mes parents, et où ils vivent encore, il y avait six maisons habitées par six familles avec à leur tête six valeureux chefs de famille, tous mineurs de leur état dans les deux mines de fer (la Vieille Mine et le Mine Ida) qui existaient ! Pourquoi, comment ce livre pouvait-il être interdit pour nos pères ? Que pouvait-il, ce sacré livre, raconter qu'ils ne puissent lire ? Je me souviens avoir pensé  que c'était peut-être un livre où l'on devait dire du mal des mineurs de fer ? Que si ceux-ci le lisaient, alors ils se fâcheraient tellement fort, qu'il y aurait un tel désordre qu'il valait mieux leur interdir. Dans mon système de pensée vieux d'une dizaine d'années  on interdisait pour le bien de la communauté...
Un certain sentiment d'injustice me gagnait aussi : "Pourquoi les non-mineurs, c'est-à-dire le médecin, le pharmacien, l'instituteur, le curé, le boulanger, le boucher, tous ceux-là, pouvaient le lire ce livre ?" Un sentiment d'injustice cependant insuffisamment fort pour oser poser la question à mon père. C'était un temps où les enfants se démerdaient avec leurs questions, un temps où l'on ne dérangeait pas son père pour une question qu'il qualifierait, c'était certain, d'imbécile. Autant demander un exposé sur la Transsubstantiation ; je suis donc resté avec ma question en suspens. Et, comme souvent les enfants d'avant, je suis passé à autre chose. C'était un monde où, mine de rien, les enfants n'étaient guère avancés...

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mardi 13 mars 2012

Quand le crachat d'un footballeur vaut plus que la journée d'un professeur

 

35€Alors que nous discutions lors d'une soirée (même pas arrosée) - et je sais que certains considèrent que les conversations d'aujourd'hui sont affligeantes - alors que nous discutions, disais-je, sur les salaires, l'un d'entre nous avoua avoir effectué un petit calcul à ses heures perdues (heures sup. non imposables ?) qui montrait que, tous revenus confondus, avec comme base 8 heures par jour, 5 jours par semaine et 12 mois durant, tous revenus confondus donc, le P.D.G. de L'Oréal gagnait environ 35 € par minute.

35 € par minute... Ce chiffre me rappela ce que je venais de recevoir le jour-même : un supplément de paye, une indemnité, comme ils disent, pour une participation, une journée durant, au jury de T.P.E. (participation ayant eu lieu en février 2011 et payée en janvier 2012...). 35,40 €. C'est ce que j'ai reçu en paiement net.

Comme le dit Jérôme Leroy dans l'article mis en lien au début de ce billet : "Je ne sais pas ce qui s'est passé en moins de 40 ans, mais ce dont je suis certain, c'est qu'on a perdu quelque chose en route, qu'on a changé de civilisation (...)."

Une civilisation qui mesure la valeur à la quantité d'unités monétaires, une civilisation qui considère sans état d'âme donc, qu'au final, un battement de cils de Jean-Paul Agon, qu'un clic de Jérôme Kerviel, qu'une onomatopée de Lady Gaga, qu'un crachat de Nicolas Anelka, tout ça vaut plus qu'une journée de travail d'un professeur de lycée.
Qu'on ne voit pas  là une quelconque amertume -  j'ai dépassé depuis longtemps ce stade (de foot ?) - c'est un simple constat (de décès, comme dirait Jérôme Leroy). En effet, je m'en bats les cils de l’œil vitreux de Monsieur-je-le-vaux-bien, du doigt gélatineux et sans éthique du trader besogneux, du gâtisme avancé et creux de la Lady, des glaires vertes du footeux au cerveau comateux, cela fait bien longtemps que je sais que Monsieur Futur s'est séparé de Madame Culture. Et que nous ne sommes pas prêts de les revoir ensemble...

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lundi 27 février 2012

Nathalie Kosciusko-Morizet : un cerveau polytechnicien à 4 euros

magnet-ticket-de-metroDans le train entre Cologne et Paris, je lis cette brève dans le journal Le Monde du 25 février 2012 :

"La porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, s'est trompée sur le prix d'un ticket de métro, l'évaluant à « 4 euros », au lieu de 1.70 (tarif parisien) [...] NKM répondait à une question d'un auditeur lui demandant : « Vous, la porte-parole du "candidat du peuple" [...], pouvez-vous dire quel est le prix d'un ticket de métro ? »
Après avoir hésité, elle a répondu « quatre euros et quelques »."

Ce qui est le plus frappant ici, c'est non seulement l'ignorance de quelqu'un qui est maire de Longjumeau (commune de la région parisienne tout de même), c'est non seulement l'ignorance de quelqu'un qui a été, jusqu'à très récemment, ministre des transports, c'est non seulement cela (et c'est déjà beaucoup !) mais c'est aussi le fait qu'elle évalue un billet de métro à ce niveau de 4 euros ! On suppose qu'elle le considère comme un niveau de prix normal ; elle a dû se dire la très chère (polytechnicienne, elle doit avoir un cerveau - "après avoir hésité", souligne l'article du Monde - ) « Je vais donner un prix moyen considéré comme plausible, voire un peu en dessous... » Bing ! QUATRE euros ! Pour NKM, quatre euros c'est le prix d'un ticket de métro. Je suppose qu'elle sait que le SMIC (brut) est à 1400 euros... Pas si sûr... Si le prix du ticket de métro est à 4 euros, dans le petit monde de Nathalie, le prix de la baguette c'est combien ? (Logiquement ce devrait être 1,60 euro...)
Plus heurtantes encore sont les justifications de NKM à propos de cette "erreur" : « Quand on est ministre, on prend peu le métro ». Je rappelle qu'elle a été jusqu'à février 2012 ministre des transports. Et pour s'enfoncer davantage elle ajoute : « quand on prend le métro [en tant que ministre], on a le métro gratuit » Pour ce genre de personne, faire une visite au métro c'est prendre le métro...  Ça sent sa visite au zoo, ça, Madame... Et elle continue la madame-qui-prend-peu-le-métro-et-quand-elle-le-prend-c'est-gratuit à s'enfonçer (pas dans la réalité en tout cas) : « ça fait bien longtemps que je n'ai pas acheté un ticket de métro. » Et elle croit se justifier avec cela ?
Autres questions que l'on pourrait lui poser : - Depuis combien de temps n'avez-vous pas cherché une place de parking pour vous garer ? - Depuis combien de temps n'avez-vous pas fait la queue à un guichet, ou pour acheter un produit,  ou pour essayer de bénéficier d'un service ? - Depuis combien de temps n'avez-vous pas fait vos courses vous-même ? Etc. Et c'est ce genre de personne qui veut nous guider...
"♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ Il avait un joli nom mon guide♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ Nathaliiiiiiiiiiiiiiiie ♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ ♪♫ Elle parlait en phrases sobres♫ ♪♫ ♪ Et racontait pas mal de conneries♫ ♪♫ ♪Nathaliiiiiiiiiiiiiiiie ♪♫ ♪

 

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samedi 18 février 2012

Portraits

82 portrait  82 regard

82 bourgeoise  82 cruelle

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samedi 11 février 2012

Les ailes de Guéant

 

escher03Toutes les civilisations ne se valent pas… Evidemment ! N’est-ce pas d’ailleurs au nom des valeurs de la République que les féministes (et d’autres) se lèvent et dénoncent la mutilation des petites filles, la lapidation des femmes adultères, la mise en quarantaine vestimentaire et j’en passe ? N’est-ce pas au nom de notre civilisation d’aujourd’hui que nous nous élevons (c’est le mot juste) au sujet d’actes considérés comme inhumains ? De fait, nous hiérarchisons et considérons que certaines valeurs propres à certaines civilisations, dont la nôtre, doivent s’imposer comme universelles. Sinon, considérons que tout se vaut, que chacun peut, au nom d’un relativisme culturel, procéder comme il l’entend, au nom de sa propre culture, de ses propres valeurs considérées comme immuables.
On peut penser avec Lévi-Strauss qu’on ne peut comparer les civilisations les unes avec les autres pour cause de subjectivité, celle-ci provenant du fait même qu’on est le produit d’une civilisation avec ses normes et ses valeurs au coeur de notre identité et donc de notre sensibilité.
 Mais entre nous soit dit, ce n’est pas toute une civilisation que l’on dénonce mais seulement certaines de ses pratiques. C’est en ce sens que le ministre Géant est un petit faux con faucon (rime pauvre) : généralisant le problème, il crée la polémique du tout contre le tout, sans faire de détails ; la stratégie électorale de l’UMP semble être aujourd'hui la guerre de tous contre tous - ne nous a-t-on pas déjà servi le terme de croisade dans une précédente salade ? -  A monsieur Guéant, on serait tenté de rappeler ce que dit Paul Carvel : "La civilisation occidentale combat la bêtise mais cultive la connerie..." et Guéant est un de ses jardiniers... Pour rappel, une civilisation, c’est une culture s’incarnant dans une langue, des écrits, une religion, des arts, etc. Il paraît impossible, et impensable, de tout réfuter d’un seul bloc.
De là à penser qu’il ne faut pas hiérarchiser… pour ma part, loin s’en faut. D’ailleurs dans ma propre culture, je me permets de penser qu’il y a des œuvres plus hautes et plus fortes que d’autres. Là encore, il me semble, en toute humilité (je ne suis pas musicien) et en toute miséricorde (il m’arrive de m'attendrir) que la musique de Mozart "creuse le ciel" quand celle d’un Joey Starr (à qui il faut deux « r » à son petit nom pour se donner l’impression de briller) m'atterre. Mais comme disait Spinoza : "Pour le sourd, la musique n'est ni bonne ni mauvaise..." même celle de Joey Starr...

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dimanche 15 janvier 2012

Rezvani ou les années limites

transistor eclateC'était samedi soir. Après avoir regardé le seul film des frères Cohen que je n'avais pas encore vu (Intolérable cruauté), film très moyen, je zappais sur les différentes chaines de télévision, du multiplex footballistique aux crétineries diverses et variées, pour aboutir (FR3 ? La Cinq ? Arte ? Je ne sais plus) sur un visage que j'identifiai assez vite, même si celui-ci était désormais encadré de cheveux blancs et marqué de boursoufflures et effondrements divers, j'identifiai donc cet écrivain qui avait beaucoup compté pour moi, Serge Rezvani.


Rezvani est l'écrivain qui, lors de mon adolescence, m'a sorti de la littérature de science fiction où je m'étais réfugié, frêle boutonneux encore timide, mais déjà misanthrope. Cela s'était passé de la façon suivante : à la recherche de nouveaux romans de SF, j'avais acheté, comme je le faisais souvent à l'époque, et pour les romans et pour les disques, j'avais acheté à la lecture du seul titre du livre le roman intitulé "Les années-lumière" qui pour moi évoquait sans doute l'univers de la science fiction, et qui plus est, il y avait le nom de l'auteur "Rez-va-ni", nom  concommitant d'un auteur reconnu des amateurs de SF, Zelazny, auteur dont j'avais lu et apprécié "Toi, l'Immortel" (j'étais très Présence du Futur à l'époque). Et c'est ainsi que j'ai découvert un roman autre, une écriture inventive, une narration qui m'a subjugué, un roman qui parlait de mon époque, qui soulevait des interrogations qui étaient les miennes aussi ; j'ai poursuivi avec "Les années-Lula", suis tombé amoureux de cette héroïne sublime, d'autant plus sublimée lorsque j'ai eu l'occasion de voir les photographies représentant la véritable Lula. L'amour fou qui semblait les réunir, elle et lui, représentait l'idéal de sentiment du pur adolescent que j'étais. Et mon attachement à Rezvani a été encore plus grand quand, quelques années plus tard, je suis allé faire les vendanges à la Garde-Freinet (invité par une copine étudiante qui avait quelques vues sur moi - Si ! Si ! A l'époque j'étais très désirable...), logeant dans la maison où Rezvani avait vécu quelques mois avant de s'établir à La Béate. C'est donc dans cette précédente maison de Rezvani, sans eau et sans électricité, que j 'ai réussi à échapper aux velléités de mon hôte, que mes amis et moi appellions - à 19 ans on peut être plein de pustules et néanmoins sans scupule - La Grenouille, au vu de ses yeux quelque peu globuleux derrière de rondes lunettes. Et non seulement je sauvai ma vertu mais je réussissais le soir, à la faible lumière des bougies, après la coupe des raisins, maison d'écrivain oblige, à écrire une petite nouvelle "La chanson du transistor éclaté*" dont j'étais très fier au point de l'auto-publier. A 20 ans on n'a peur de rien, même pas du ridicule...

35 ans après, je retrouvais donc cet écrivain dont la lecture m'avait sorti de la juvénile lecture de SF, aiguillé vers d'autres rivages plus consistants et montré que la littérature pouvait aborder la réalité contemporaine avec inventivité (après "Les années-lumière" et " Les années Lula" j'avais lu "Les Américanoïaques",  "La voie de l'Amérique" et même les "Chansons silencieuses", et puis, et puis je me suis lassé et suis passé à d'autres lectures). Par ailleurs, je suis persuadé que si je tentais de relire ces livres je les trouverais illisibles, mais là n'est pas la question ; je préfère donc rester sur le bon souvenir et me remémorer la rupture fondamentale qu'a représentée leur lecture pour moi. 35 ans après, j'avais Rezvani sur mon écran m'expliquant la douloureuse fin de Lula, racontant, émotion, la vie fusionnelle avec Lula. Puis on voyait une certaine Marie-José Nat parler du décès de son ancien compagnon Michel Drach. Que venait faire cette actrice insipide dans cette émission ? Etait-ce une émission sur la perte de l'autre, sur l'absence ? Pas du tout ! Je comprenais alors que Rezvani et Marie-José Nat étaient désormais ensemble ! Ensemble ! Qu'ils se présentaient comme couple et le faisait savoir par cette indécente lucarne. Ne pouvaient-ils donc se taire ? Et les voilà de se prendre par l'épaule, de nous laisser admirer, leur magnifique maison (c'est surtout celle de Marie-José Nat) à Bonifacio. Et Reznani de nous expliquer aussi les différents tableaux aux différents âges de la Marie qu'il avait peints - comme pour se l'approprier, disait-il - (je n'ai jamais goûté la peinture de Rezvani plutôt plate et froide). [exemple]
J'expliquai à Anne combien me peinait et même m'enrageait de voir et d'entendre cela ! Rezvani et Lula pour toujours, merde ! Un couple pour l'éternité ! Pas de place pour un(e) autre ! Et Rezvani d'avoir crié sur tous les toits, sur tous les tons, combien l'amour de Lula était infini et combien l'amour porté à Lula était éternel, que jamais de sa perte il ne se remettrait, mais finalement c'est toujours le même renoncement, la vie qui continue, et Anne de me dire qu'il faut bien continuer à vivre (le pourras-tu ? Le pourrai-je ? Evidemment oui...), et Rezvani de nous dire enfin que Lula était toujours là.
Mais comment font-ils tous les deux, Rezvani et l'autre, accrochés à leur falaise avec leur fantome respectif, tous deux au dessus de l'abîme ? Mais toi qui es-tu pour juger Rezvani ? Pour déconsidérer ces deux petits vieux échoués sur leur récif avant le naufrage définitif, pour qui te prends-tu ? Toujours déçu par le genre humain, idéalisant l'autre et faisant peser sur lui l'opprobe que tu te gardes bien de porter sur toi, cherchant désespéremment la manette de fin frein. Stop. Les laisser mourir.

 

* en mettant en illustration la couverture de ce minable ouvrage, je me dis qu'il en restera au moins une trace quelque part, c'est-à-dire ici...

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lundi 2 janvier 2012

Le goût amer du jambon

jambon1J'avais déjà écrit par ailleurs quel goût amer avait mon oeuf à la coque du matin après  la vision du film Baraka. C'est aujourd'hui ma tranche de jambon qui me reste entre les dents. Et ce, après la lecture d'un article d'Hervé Le Bras publié par la revue Problèmes économiques du mercredi 21 décembre 2011 et intitulé "La populaion mondiale face au défi alimentaire".

Ainsi apprend-on qu'il faut 6 à 7 calories végétales pour obtenir 1 calorie de volaille ; qu'il faut 8 calories végétales pour 1 calorie de porc ; qu'il faut 10 calories végétales pour 1 calorie de boeuf.
Si tous les humains adoptaient le régime alimentaire français (45 % de calories d'origine animale) on ne pourrait nourrir que la moitié de la population mondiale actuelle. Les rivaux des peuples affamés sont donc avant tout les animaux d'élevage des pays riches. La situation, selon l'auteur, ne risque pas de s'améliorer dans la mesure où les populations des pays émergents semblent adopter, et le régime carné des pays industriels et les modes de vie avides de pétrole (entres autres matières premières limitées). Qui plus est, la production de pétrole atteignant son maximum dans une économie où le marché dicte sa loi, ce sont les prix qui vont induire le choix non seulement des consommateurs mais aussi et surtout des producteurs : plus le prix du pétrole s'élèvera du fait de sa rareté et plus il sera avantageux de produire, par exemple, des biocarburants. Ainsi les agriculteurs, en raison de leurs intérêts bien compris (comme on dit chez les aveugles adeptes de la main invisible), choisiront de vendre leur production pour la fabrication d'éthanol plutôt que de s'occuper d'agriculture vivrière.
Et Hervé Le Bras, démographe plutôt atypique, d'écrire : "Ils [les agriculteurs] n'ont pas de raison de se sentir  plus coupables que les mangeurs de viande et ces derniers, quand ils vivent au Brésil ou en Chine, peuvent objecter que les Américains et les Européens n'ont qu'à réduire leur consommation de produits animaux qui est plus élevée que la leur. La critique écologiste consistant à blâmer les pays du Sud pour leur explosion démographique, source des maux de la planète est donc éthnocentrique."

Il faut dire également que si toute la production de céréales était destinée à l'homme, il serait possible de nourrir 11 milliards d'humains. La cause de la faim est avant tout liée à l'inégalité de la distribution de nourriture. L'extension ou la régression de la part d'humains souffrant de faim dépend avant tout de l'usage qui est fait de la quantité de vivres produites. Aujourd'hui, dans les sociétés industrielles, on préfère goinfrer les vaches et les voitures...

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mardi 27 décembre 2011

TOP 10

molinaA la lecture de certains sites, je m'étais dit que j'allais, moi aussi, essayer de dresser une liste du type "Top 10". Le TOP 10 des trucs les plus imbéciles que j'ai faits. Une sorte de retour sur soi critique. Mais la définition même du qualificatif "imbécile" pose problème. Qu'est-ce qu'un truc imbécile ? Etymologiquement il s'agit de faiblesse. Le synonyme est-il vraiment le terme "stupide" ? Ne vaut-il pas mieux parler en utilisant le langage d'aujourd'hui et dire "con" ? Top 10 des trucs les plus imbéciles, les plus stupides, les plus cons que j'ai pu faire ?
A réfléchir sur les contenus de la future liste, je me disais que l'on pouvait aussi qualifier ces actes comme étant des trucs lamentables... Ce qui renvoie au regret.

Autre problème : à vouloir dresser cette liste je me suis retrouvé à n'en pas pouvoir dénombrer 10. Regard borgne sur mes imbécilités ? Retenue de dernière minute de jeune vierge ? Mauvaise auscultation du timide ? Mémoire courte du poseur ? Le fait est là ; je n'ai trouvé que 6 actes méritant contrition et repentir...

Les voilà :

- avoir relevé un défi qui consistait à marcher sur une étroite planche de bois surmontant un vide d'environ 10 mètres (un pont en reconstruction) au-dessus d'une autoroute...

- avoir délibérément pris une rue à contresens, complètement ivre sur ma "mobylette", pour tester ma chance (sic)...

- avoir simuler une rupture avec une petite amie (la femme de ma vie) pour voir (resic)...

- ne pas avoir rendu, par pure flemme, un dessin* qui m'était adressé pour publication dans une revue que je cherchais alors à lancer (et qui n'a jamais vu le jour)...

- me faire passer pour un extrémiste de droite (Ordre Nouveau à l'époque) auprès d'un ami d'enfance que je n'avais pas vu depuis 10 ans (décidément dix est le chiffre-clé de ce billet) et qui est mort quelques années plus tard sans que j'eusse le temps de le détromper...

- avoir engueuler mon fils de 10 ans (!) parce qu'il avait cueilli une paquerette dans le jardin (celle-là, elle est ma numéro 1...) !

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* dessin reproduit ici et signé du nom d'Antonio Molina.

 

 

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mardi 8 novembre 2011

Téléscopage

Ce que l'on apprend dans Le Monde daté du 8 novembre 2011 : en page 10, regardez ce que vous allez prendre dans la gueule et en page 11, voyons... larguez stress, cravate, etc. ne vous interdisez rien, tout est compris...
S'adresse-t-on aux mêmes personnes ? La page de gauche pour les actifs, la page de droite pour nos beaux retraités ? Simple hasard du plan-médias du Club Med ? Perversion ultime et foutage de gueule du responsable de la pagination du Monde ?

telescopage

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